Ulyana Horbachevska

ulyana 3 Ulyana est diplomée de l’école des Beaux-Arts de Lviv (Ukraine). Elle pratique le chant et le théâtre, ainsi que la peinture, la scénographie et la création de costumes. De 1998 à 2003, elle a travaillé en tant que restauratrice d’icônes et de peintures murales en Ukraine et Pologne. De 2002 à 2011, elle a été chanteuse, actrice et peintre au sein de l’ensemble « Maisternia Pisni » (www.maisternia.com.ua), qui est un partenaire de longue date de l’institut Grotowski de Wroclaw, en Pologne. Avec Maisternia Pisni, Ulyana a joué dans plusieurs projets, dont Rasa et Irmos, et enregistré trois disques : « On Sunday morning », « After Christmas » et « Lightappearance ». Depuis 2011, elle poursuit sa recherche artistique à la fois seule (elle a enregistré un CD : « Dole ») et avec différentes structures, artistes visuels et musiciens internationaux (l’association artistique Triptique www.artryptykh.com, le projet « Ultramarine », avec Klaus Kugel, Mark Tokar et Petras Vysniauskas).

 

Atelier – “Trouver son chant” / polyphonies traditionnelles ukrainiennes

Ulyana considère le chant comme un pont entre le passé et le futur, les ancètres et les descendants… Il y a une sorte de son personnel en chacun de nous – propre comme une empreinte digitale. Le découvrir donne une grande impulsion pour la création, réveille les régions endormies du corps, et frappe l’esprit. L’ouverture de ce son est très importante. Cela provoque le désir de rejoindre, de se faire complice. Et c’est seulement quand les sons intérieurs se rencontrent que le chant apparaît, commun pour les interprètes et, en même temps, individuel. C’est une rencontre à un carrefour…

Cette investigation du son s’appuiera sur les chants traditionnels ukrainiens : rituel, monodie et polyphonie.

<< Il y a un chemin… Chaque année, au début de l’été je le descends, vers le village d’où ma famille maternelle est issue. Ce chemin est bordé de vieux tilleuls et de peupliers. Il donne sur un lac immense qui donne l’impression d’en être le prolongement. Les arbres tout autour sont dressés comme une immense mémoire du temps et des gens. Pendant l’année, je ne vois ni arbres, ni champs de chaque côté de ma route. C’est pourquoi à chaque fois, ce chemin est un point de départ, un point de départ qui m’amène à poursuivre. Quand on marche, on peut sentir le rythme de la démarche de beaucoup d’autres, qui sont passés par là auparavant. Des figures ancestrales. Il y a là de une connaissance – et depuis que je parcours ce chemin année après année, il y a là un espoir : celui que les miens et leur descendance connaissent également ce chemin qui conduit chez eux. Pour moi un chant ancien est un chemin, et un arbre qui s’étend jusqu’à l’horizon… c’est un pont entre ce qui fut et ce qui est. Pour que le chant soit chanté réellement, il est important de savoir qui le chante et comment. Avec quel son. Quel son ? Dans chacun de nous vit un son premier. Authentique seulement pour soi, et proche avec sa nature. C’est comme une empreinte digitale – il n’y en a qu’un et un seul. Quand vous le trouvez, vous trouvez votre force. Ce son vous construit et vous donne une impulsion considérable pour la création. C’est essentiel pour le performeur (chanteur, danseur, acteur) de trouver ce son.>>