Anna Gaïotti, d’après le texte de Pier Paolo Pasolini

Que s’est-il passé dans le monde, après la guerre et l’après-guerre ?
La normalité.
Oui, la normalité. Dans l’état de normalité, on ne regarde pas autour de soi : tout autour se présente comme « normal », privé de l’excitation et de l’émotion des années d’urgence. L’homme tend à s’assoupir dans sa propre normalité, il oublie de réfléchir sur soi, perd l’habitude de juger, ne sait plus se demander qui il est.
C’est alors qu’il faut créer, artificiellement, l’état d’urgence : ce sont les poètes qui s’en chargent…
Pier Paolo Pasolini, « Traitement », La Rage, 1963 (traduction P. Atzei et B. Casas, éditions Nous, 2014)
Anna Gaïotti est chorégraphe, danseuse, issue du monde de la performance et de la poésie. Depuis quinze ans, elle travaille notamment, de façon non-conventionnelle, avec des claquettes, instrument par lequel elle dialogue avec des musiciens, et qui fait le lien entre le mouvement et la musicalité.
Dans ce labo, comme elle l’a déjà fait à trois reprises, elle nous proposera d’interroger le terrain de sa dernière création, Rage, qui s’inspire du texte de Pier Paolo Pasolini, qui accompagne son film La Rabbia (1963). Ce texte, elle le redécouvre pendant la pandémie de 2021, et décide d’en faire le programme de sa prochaine pièce de danse (avec le danseur Clément De Brower et les musiciens Jean Bender et Léo Dupleix). La porte d’entrée, c’est l’ordinaire, le quotidien, pour s’en défaire ensuite…
La rage, nous dit Anna, c’est un mot qui déclenche des associations diverses. C’est une maladie bien référencée, qui affecte la bouche, les dents, la gorge, la voix… mais c’est aussi une ressource, qui nous « pousse vers l’avant, emmène dans le désir ou dans le mouvement », ou une façon d’exorciser…
Ce thème, il nous accompagnera, sans trop en parler. En laissant le mot faire son travail. L’entrée se fera en partant des outils d’Anna, qui s’est elle-même cultivée aux côtés de Min Tanaka, Rosalind Crisp (BMC), Mark Tompkins (composition en temps réel). Une grande place sera donnée au corps, à la perception et à son étrangeté, à l’environnement (la forêt notamment), au groupe, à nos désirs, à la possibilité d’être visible… ou non, et à notre capacité à saisir, à archiver (par l’écriture notamment) les gestes et expériences réalisées.
Ce labo est ouvert à toutes et tous, danseurs, artistes, écrivains, amateurs ou professionnels…
Frais pédagogiques : 175 euros, soit 35e/j (Tarif réduit : 130 euros)
- Adhésion à l’association : 5 euros
- Il est possible d’organiser un hébergement mutualisé en chambres doubles sur place (sur demande en amont), pour 16 euros par nuitée,
- une restauration collective en possible (courses faites en amont et cuisine à préparer ensemble) pour 15 euros par jour (petit déjeuner inclus).
- Il est possible d’organiser une navette pour la gare de Guéret ou la Souterraine en en faisant la demande suffisamment en amont.
Inscription avant le 20 juin à l’adresse : spt (at) lavauzelle.org
Merci d’envoyer quelques lignes de biographie faisant état de vos expériences artistiques, en précisant quelle est votre intérêt pour ce labo et comment en avez eu connaissance.