
Anna est chorégraphe, danseuse, issue du monde de la performance et de la poésie. Depuis quinze ans, elle travaille notamment, de façon non-conventionnelle, avec des claquettes, instrument par lequel elle dialogue avec des musiciens, et qui fait le lien entre le mouvement et la musicalité.
Elle fabrique une écriture chorégraphique et musicale qui relie le texte et corps. Elle vise à confronter la question de l’émancipation sexuée, les doutes face aux normes, la relève de la fiction et du conte sur le réel, la construction et déconstruction d’identités personnelles et communes, la vie face à la mort. Le corps est d’abord un support pour publier une poétique comme une façon de militer politiquement. Le corps-théâtre est capable d’endosser les humanités et les inhumanités.
Elle dialogue avec des artistes des scènes des musiques expérimentales, scènes noise dont elle est issue et où elle se produit régulièrement en tant que claquettiste.
Sa pratique autodidacte des claquettes (depuis 2012) l’amène à réfléchir et à toujours re-questionner la production et l’acte du son – du rythme – et du geste incarné dans une même entité. Chacune de ses créations tendent à débrider la fracture entre la musique et la danse, celles-ci imprégnées d’un univers visuel extraordinaire qu’elle se construit.
Elle commence un travail de performance suite à sa rencontre avec Antonia Baehr alors qu’elle étudie au Beaux-Arts de Paris (2003-2009) et à la Kunsthoschule Berlin-Weissensee (échange Erasmus 2006-2007). Elle intègre ensuite ESSAI au CNDC d’Angers (2011-2013) puis Research à P.A.R.T.S, Bruxelles (2017-2018).
Elle nourrie son travail et ses outils à travers ses rencontres avec Min Tanaka (et l’oeuvre de Tatsumi Hijikata), la composition instantanée qu’elle explore auprès de Mark Tompkins mais aussi Meg Stuart et João Fiadeiro, ou encore Rosalind Crisp qui allie danse et Body Mind Centering.
En 2014, elle fonde LOVALOT qui produit dès lors ses créations et performances (voir présentation de la compagnie) et participe à l’organisation d’ateliers intensifs.
Elle travaille en tant que danseuse interprète auprès du chorégraphe Mark Tompkins (LE PRINTEMPS, 2015 ; BAMBI un drame familial, 2016), de Phia Ménard (SAISON SÈCHE, 2018), de Nathalie/Maurice Broizat (Instant T, 2020-2021) et de Tatiana Julien (AFTER, 2020-2021).
De 2014 à 2019, elle collabore en tant que performeuse et chorégraphe à l’intégralité des oeuvres (installations et films) d’Amélie Giacomini et Laura Sellies (Biennale de Dakar, Palais de Tokyo, Centre d’art d’Annonay, IAC Villeurbanne, Lanzarote).
Elle se lie d’amitié et collabore avec le cinéaste André S. Labarthe (jusqu’à sa disparition en 2018), et la réalisatrice/performeuse Véronique Aubouy (AnneMarie Schwarzenbach).
En 2022, elle co-crée Une nuit entière avec la chorégraphe Tatiana Julien (C’Interscribo). Cette création est soutenue par la programme Feminist Futur, et est diffusé à La Maison de la Culture d’Amiens, l’Espace des Arts, Théâtre de l’Oiseau Mouche et Le Phénix (Festival NEXT), Klap Maison de la Danse, Le Théâtre de la Ville (Paris), Bonlieu, entre autres.
Son attachement pour les musiques expérimentales/noise/harshnoise, les pratiques DIY (Do It Yourself) et sa pratique des claquettes et de la voix l’amènent à se rapprocher d’artistes musicien.ne.s. Avec Léo Dupleix et Sig Valax, elle fonde le groupe vierge noir e en 2016 avec qui elle tourne, enregistre et créé des spectacles et performances (BAL DES LAZE, LES ANTÉCÉDENTES, A Kiss Without Lips).
Elle collabore en duo avec le compositeur et saxophoniste Jean-Luc Guionnet depuis 2018.
En 2022, elle créé Muon S avec le musicien Jean Bender (électronique modulaire), projet avec lequel elle tourne largement depuis, allant des festivals de musique aux invitations souterraines et in situ.
En 2023, la guitariste Nina Garcia initie le projet De haut en bas de bas en et latéralement, une création collective qui rassemble Romain Simon, Christophe Cardoen, Étienne Foyer et Anna Gaïotti, et l’artiste plasticienne Jennifer Caubet.
Comme en relai à la création chorégraphique et à son engagement physique, Anna Gaïotti déploie et développe un travail d’écriture en poésie. Ses écrits sont une sorte de regard ethnologique et politique sur la question des survivances des danses et des musiques, des transitions et transformations dont les peuples et les êtres font preuve. Ainsi elle s’immerge dans le milieu de la prostitution (Zürich), et plus tard au frontières éthiopiennes et sud soudanaises au sein des peuples Hamar et Nyangatom.
Elle passe par le prisme de son corps et de sa propre réalité charnelle pour amener une écriture qui oscille entre témoignage et fiction, nourrie par les croyances et les colères auxquelles elle se confronte.
Ses écrits sont publiés chez l’Échappée Belle (2015), Artderien (2023) et Pariah (2025).
Elle intervient à Lavauzelle en 2026 pour le Labo La rage